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31 mai 2008

LILLE DE L'ANNULATION (coup de gueule matinal)

par
N'étant croyant en rien si ce n'est en l'implacable loi des mathématiques, cette histoire de mariage annulé à Lille pour cause de non-respect de la clause tacite de virginité ne me faisait ni chaud ni froid jusqu'à ce qu'elle devienne le porte-drapeau de je ne sais quelle défense des "droits de l'homme qui es une femme comme les autres" unilatéralement décrétée par l'intelligentsia parisienne. La juge de Lille s’est appuyée sur l’article 180 du Code civil et a considéré que ce mariage fut conclu «sous l’emprise d’une erreur objective». La femme a menti à son mari, elle n'était pas vierge. La loi a statué sur le mensonge non la virginité. Pas la première fois ni la dernière que la loi permet tout et son contraire.

Ce matin, en revenant de ma partouze habituelle entre gens bien nés et laïcs comme il faut, je découvre ça : Tous unis contre l'annulation
suivi d'un édito enflammé criant à la "régression". Oui. Et alors ? De la régression, j'en vois à tous les coins de rue. Elle n'a pas de toit et elle est loin de faire la une des quotidiens bourgeois. J'ai beau être athée, d'origine et de culture catholique donc largement "au-dessus" des contingences dogmatiques, je n'arrive pas à donner des leçons de bienséance religieuse à des gens qui ont, dans le domaine, encore des convictions fussent-elles incompréhensibles pour moi.

Pathétiques moralistes du dimanche, qu'ils le veuillent ou non imbibés eux aussi de tradition, perturbés par convenance occidentale que dans ce monde cul-par dessus-bite d'autres croyants "du sud" s'en tiennent encore à quelques principes que, je le répète, je ne partage pas considérant qu'en la matière l'expérience et la multitude feront toujours la différence.

A bientôt pour un prochain article sur la mise en place d'une brigade volante des lits de noces et l'instauration du permis de niquer à point.

30 mai 2008

IMMOBILISES DANS L'IMMOBILIER

par
Après l’ivresse des hauteurs, la gueule de bois…

Je ne parle ici que d'une partie de la donne. Je n'aborde pas les dommages collatéraux de la frénésie d'achat qui s'est emparée du pays ces derniers années rejetant à la rue précaires et étudiants qui ne peuvent ni louer, ni acheter. Ce sera l'objet d'une autre vidéo.

27 mai 2008

GENERATION M6

par
Il y avait longtemps que je n’avais pas regardé un de ces programmes de "coaching" de la petite chaîne qui n’a pas peur du ridicule du moment que ça fait de la part de marché…

Hier soir, M6 a encore défoncé les portes de la gloire, m’offrant encore un peu plus de perspective sur les aspirations et les ambitions du peuple de France !

Après avoir aidé Monsieur Bonne Truffe à acheter, à construire et à décorer le « Xanadu » Français qu’est son pavillon individuel en parpaings et sentant que même dans la dégringolade du marché immobilier la chaîne avait son épingle et des sponsors à tirer, M6 propose désormais à monsieur Crétin de l’aider à vendre sa parcelle de mocheté en béton beige qu’il a sur les bras depuis des mois !

Et le show "Maison à Vendre" de nous présenter ce jeune couple de Pontault-Combault qui vit un de ces drames occidentaux qui ont raison des plus cons.

Les pauvres malheureux en question, un couple de trentenaires qui se lèvent tôt pour avaler toutes les couleuvres, n’arrivent pas à se débarrasser de leur pavillon de 95m2 alors qu’ils en ont déjà acheté un autre à 100 mètres de là que j’imagine strictement identique avec une pièce de plus vu l’uniformité du quartier.

Ces damnés de la terre, doublement propriétaires et victimes d’un odieux prêt relais, n’ont plus que 1200 euros pour vivre à 4 chaque mois. La guigne : Depuis un an, malgré 50 visites, pas de vente en vue. C’est que les pavillons foireux partant en miettes sept ans après leur construction, c’est pas ce qui manque à la vente dans le quartier. Alors à 310.000 euros, malgré ce que leur ont dit en 1999 le promoteur et le banquier - des larrons de confiance qui savent ce qu’ils font (cf subprime) -, faudrait plus trop voir à rêver.

Persuadé qu’il était d’être assis sur un tas d’or, le couple goguenard peine à réaliser qu’il est enlisé dans une fosse à emmerdes. Après la tournée des agences immobilières, le message principal de l’émission est bien passé : les prix se cassent la gueule et ça va continuer. Le couple commence à comprendre qu’il va falloir faire une croix sur ses ambitions bling-blingesque de culbute financière. Si les bouseux qui se prenaient pour Bouygues s’en sortent sans interdit bancaire, ce sera déjà une bonne affaire.

le coach, très Damido-isé par la direction, fait le tour du propriétaire histoire de rendre un peu plus bandant le palais merdeux.

Bordel à tous les étages et désintérêt total du couple pour une quelconque mise en valeur. Le couple hypnotisé par la plus-value annoncée par le banquier sept ans plus tôt, pensait que cela suffirait pour décider un acheteur. Du coup, avec son papier peint dégelasse et sa penderie dans le salon, le couple jette littéralement sa maison à la gueule des acquéreurs potentiels.

Premier conseil du coach : - Rangez vos affaires ! Madame pense très fort : Ah merde, c’est compliqué de vendre. Le banquier m’avait pas dit.

Le coach entame alors avec son équipe de fées du logis - dont on ne sait bien sur pas qui règle les salaires - des travaux de réhabilitations et de déco efficaces et à faible coût, qui redonnent au taudis ce cachet intérieur "made in M6" fait de gros stickers à fleur, de lampes palmiers, de pastels et de mauve si tendances chez les jeunes couples sans idées mais soucieux d’être branchés comme leur voisin.

Résultat des courses, c’est tellement « vachement bien redécoré » que la proprio est dégoûtée. Pour peu, elle irait voir son banquier pour lui prendre un troisième prêt histoire de s’auto-racheter la maison.

La phrase est prononcée : « - Zut, on aurait du la garder. » Comprend-elle, la pas futée, que si elle avait rangé un peu son bazar, elle n'aurait peut-être pas acheté une autre maison ? Pas sur.

Étonnement, pas une fois durant le reportage n’ont été évoquées les raisons d’un exil si lointain (le bout de la rue) dans une maison tellement différente (la même). Envie de changer d’environnement comme dans « Déco and Co » ? Envie de faire un bénéfice sur la vente comme les nouveaux riches que l’on voit dans « Capital » ? Envie simple d’acheter comme ces gens heureux dans « Recherche maison désespérément » ? Il y avait pourtant là un vrai sujet sur l’absurdité, l’ennui, le sur-consumérisme de nos sociétés et la manipulation des pauvres types par les chaînes de télé sponsorisées par les banques et les promoteurs.

Pas de bol pour l’épouse : tout son gourbis a été transféré dans le nouveau palais qui retrouve ce look de décharge pour articles inutiles de supermarché qu'avait son ancienne maison.

Nous entrons donc dans une spirale baissière de l’immobilier bas de gamme qui va en faire pleurer beaucoup. Toujours les mêmes. Ceux intoxiqués par la raison du banquier qui achètent parce que « les prix montent » et n’achètent pas parce que « les prix baissent ». Les mêmes qui bientôt vous traiteront de salauds parce que vous leur rachèterez à 2 un bien qui en vaut 5 mais qu’ils ont payé 10.

A ceux-là, je n’ai qu’un conseil à donner : Arrêtez de regarder M6. C'est pas gagné... à moins que la chaîne en question ne fasse une émission gavée d’"ambiant music" et de couleurs pastels pour leur expliquer.

24 mai 2008

LA SEQUENCE DU SPECTATEUR

par
Non mes amis, ce n'est pas seulement un nouvel album de Carla Bruni qui sort le 21 juillet prochain mais un film ! Un récit à tiroir mêlant glamour, passion, pouvoir et retournement de situations ! On annonce des featuring de calibre international : George Bush Jr, Doc Gyneco et Patrick Sabatier.

L'œuvre, encore en montage, n'était pas prête pour Cannes. Une seule information : ça va faire mal ! En exclu voici l'affiche en attente de validation par Jacques Séguela.

NE PAS BATTRE EN RETRAITE

par
Suivi en vidéo pour LePost.fr de la manifestation du 22 mai 2008 à Paris, pour la défense des retraites… avec Arlette en guest-star.

Perso la retraite, c’est un concept qui me dépasse vu que j’ai travaillé trente-cinq heures cette année. J’ai opté pour une retraite préventive et compte me mettre à bosser vers les 40 ans, peut-être. Demain c'est comme les retraites : rien ne prouve qu'il y en aura.

J’ai beau avoir peu travaillé en contrat stable et n’avoir pas toujours partagé la vision ni les ambitions et encore moins le quotidien des fonctionnaires, je dois reconnaître que privilégiés ou pas, ils sont en des jours comme celui-ci la dernière ligne de défense du travailleur. Reste à savoir si le sort de celui-ci est à désirer.


22 mai 2008

CHOC DES MONDES (II)

par
Insertion mondaine dans un anniversaire d’un ami trentenaire en milieu petit-bourgeois de banlieue tranquille.

J’y croise des gens de mon âge, socialisés, encouplés, endéttés et à nette dominance pro UMP.


Effets de l'âge et montée du prix de l'essence, l’anniversaire est moins insouciant que les précédentes éditions. J’y sens du malaise et de la tension. Malgré l’abondance de petits-fours et les costards soignés, il est question d’argent toutes les deux phrases, du prix des couches et des tarifs de la garderie, du prix du plein qui n’en finit pas de grimper et des jeux de Xbox qui deviennent inabordables.
Rien n'est remis en cause, Sarko est toujours le leader mais les joyeux électeurs de l'an dernier se plaignent aujourd’hui de la pression au boulot et de la hausse du prix du lait et, bien sur, de l’immobilier. Domaine dans lequel ils s’enlisent dans de longues plaidoiries ne visant qu’à se rassurer eux-mêmes. Ils se l’avouent à demi-mot, ce n’était peut-être pas la bonne année pour acheter à crédit ce deux pièces à deux heures d’embouteillage de Paris et qui les oblige à posséder deux voitures.

L’un des comparses, déjà bien entamé par plusieurs verres de cidres sans alcool, épaule les plus désemparés et répète, motivé comme un bénévole du secours catholique : Mais si, mais si, tu verras tu ne risques rien, c’est un bon achat, ça se revendra !
Moi, dans cet environnement petit-bourgeois au-dessus de mes réalités financières, je me sens paradoxalement privilégié, épargné des contingences d’une vie de contraintes. Moi, le sans biens et sans métier, celui qui travaille peu, gagne moins et vit plutôt mieux. Je baigne ainsi comme un poisson parasite toute la soirée parmi ces cadres-crabes capturés dans le filet sarkoziste dont ils ont eux-mêmes construits les mailles à force de soumission et d’application mécanique des idées reçues venues d’au-dessus.
Le jeune électeur sarkoziste, qui croit au jackpot et qui n’a jamais gagné des millions, est aujourd’hui un angoissé, prit en tenaille entre boulot stressant et des charges incompressibles à régler. Il ne peut même pas quitter sa bourgeoise qui l’exaspère : elle règle pour moitié les traites de l’appartement. Il se croyait tranquille, s’imaginait riche, il se découvre comme il est vraiment : pauvre et dupé.

21 mai 2008

CHOC DES MONDES

par
Lors d’une première mondaine réunissant quelques talents et beaucoup de médiocres, une amie réalisatrice qui vient de signer un truc cher et tendance, qui plait aux acteurs parisiens mais ne rime à rien, me demandait étonnée : « Pourquoi ne filmes-tu plus rien ? »

Je lui répondis que j’avais bien peu d’imagination ces dernières années : La réalité qui se déroulait au quotidien devant nos yeux abrutis était une tragédie hautement plus cinématographique que leurs histoires molles pour public irréel. Bien qu'ayant un peu bu, je crois avoir ajouté en substance ceci : C’était moi qui déplorait que personne, et surtout pas les cinéastes français, ne capte l’injustice et les hystéries qui agitaient notre nation. Quand les historiens du futur se pencheront sur les années 2000 pour savoir ce qui animait le peuple d’alors, qu’ils n’étudient surtout pas notre cinéma ! Il est au bord de l’abstrait.

"A tes succès ma chérie".


Du fond de nos souvenirs, stoïque et émue, après un blanc sur fond de cohue, elle me dit : « Mais ce film contestataire, tu n’as qu’à le faire. T’as une grande gueule et un peu de talent. Rentre leur dedans. ». Elle me fit un clin d’œil puis s'en alla rejoindre la marche des empereurs. On l’avait appelé, c’est Sinclair qui voulait la saluer.

Je suis resté sans voix, de l'alcool fort plein les doigts.

20 mai 2008

TROP GUEDIN ! UN INEDIT DU BLOG A RIMBAUD !

par
S'est écriée la boulangère quand je lui ai annoncé la nouvelle. Puis, elle enchaina :

- J'avais vachement aimé le 4 quand y massacre tous ces citrons !

Oui, Charleville-Mezieres est le spot tendance du moment. Il y fait bien plus beau qu'à Cannes, on y juge le plus grand tueur en série contemporain et on y trouve encore des textes inédits d'Arthur RImbaud comme celui-ci, écrit à 16 ans, le 25 novembre 1870, pour le journal révolutionnaire local, le contestataire Progrès des Ardennes.

« Le rêve de Bismarck »
, fantaisie sur l'actualité de l'époque, est signé de la main d’un certain Jean Baudry, un des pseudonymes utilisés par Rimbaud du temps où il nourrissait quelques espoirs de journalisme.


Le contexte :
Les armées de Napoléon III sont battues à Sedan et piégées à Metz. Les Prussiens font le siège de Mézières. C’est la guerre civile : la Commune enflamme Paris, et d’autres républicains se soulèvent en province.
L'imprimerie du journal fut détruite peu de temps après et Le Progrès interdit en avril 1871. On n'avait depuis aucune trace de ce texte jusqu'à sa découverte par un jeune cinéaste marseillais, Patrick Taliercio.

A découvrir ici.

19 mai 2008

NE T'EN FAIS PAS, JE NE SUIS PAS A CANNES MAIS JE VAIS BIEN

par
Il pleut sur Cannes depuis l’ouverture d’un festival du cinéma qui intéresse peu. Plusieurs raisons à cette évidente chute de tension.

Des intrinsèques : Une sélection chiante et classique, une intention de remise d’une palme « politique » par un Sean Penn qui s’est immédiatement attiré les foudres des journalistes attachés de presse d’une industrie en péril qui mise tout sur la vidange de cerveau, une absence de stars jeunes et l’habituelle couverture de Canal Plus mêlant copinage, élitisme et consanguinité qui rajoute au suranné d’un événement tape-à-l’œil, la vitrine indécente d’un monde de privilégiés alors que s’invite en France les effets d’une lourde crise économique internationale encore cachée du pied par un gouvernement aussi peu soucieux de cinéphilie que de réalité sociale.

Des raisons liées au secteur lui-même : Le cinéma-industrie a perdu la bataille de l’art, il n’a pas combattu bien longtemps. Les films révolutionnaires, s’il en reste, ne sortent plus en salles. Ils se voient sur téléphone portable, se piratent anonymement entre communautés de connectés et les thèmes réellement polémiques sont plus souvent abordés dans les séries télévisées.

A l’image de la pale tentative promotionnelle des salles UGC de rabais généralisé sur ses fauteuils cette semaine à chaque séance et qui, une fois le programme des films consulté, incite tout spectateur normalement constitué à rester chez lui à regarder le final de la quatrième saison de Lost téléchargé sur la mule, le cinéma ne fait plus bander. Que trouve t-on en ce moment dans les salles ? Des remakes américains sans saveur de film français et des adaptations françaises sans monnaie de film américains, le tout réalisé mollement dans une pâte stylistique sécurisante qui fait ressembler tout à n’importe quoi. En ce début de XXIe siècle, le principal soucis du cinéma est de proposer des films bourrins pour faire vendre des équipements 5.1. Question contenu, étant donné que le cinéma est désormais un fonds d’investissements où chacun des actionnaires se garde bien de prendre le moindre risque, c’est le dernier support où l’on trouvera de la transgression.

C’est ainsi que quelques années d’une offre abrutissante formatée, sans imagination ni saveur, ont dessoudées de son socle un art trop vite soumis aux lois du marché et de la publicité et qui restera un des grands mythes du XXIe siècle. N’y voyez pas du pessimisme, pour une fois. Le cinéma des artistes n’est pas mort, il devient autre chose. Quelque chose ce genre de festival derrière ses stars et ses paillettes, ne peut pas encore fliquer.

18 mai 2008

HOMELIE DOMINICALE

par
« En fait, le concept majeur de la philosophie de Georges Palante, c’est « l’ariste » - non pas l’artiste , plus ou moins homophone, mais l’ariste. [….] L’ariste fonctionne comme une figure parente du surmoi nietzschéen ou de l’arnaque jüngérien. L’étymon grec renvoie au meilleur. L’ariste désigne l’individu seul de son parti, isolé, en contradiction permanente avec la société, romantique dans son désespoir, athée social, convaincu de l’échec de son combat pour la singularité, mais foncièrement décidé à le mener dut-il y consommer ses dernières énergies. L’ariste vit d’amitié et de micro sociétés électives, d’ironie active et de repli farouche, de lucidité crue et d’écriture nécessaire. Le concept riche de promesse fut délaissé dès fabrication* et jamais repris ni précisé. N’est pas suicidaire qui veut… »

Michel Onfray in La pensée de midi, Archéologie d’une gauche libertaire, 2007 Ed.Galilée

* Après bien avoir craché sur son monde, Georges Palante s’est en discrètement retiré d’une balle dans la tête à soixante ans.

16 mai 2008

UN BEAU SPECIMEN !

par
En pleine campagne politico-média de diabolisation des enseignants, j’entends ce matin sur le site d'Europe 1 qui se vante d’être LA radio de mai 68 un éditorial sectaro-propagandiste de Catherine Nay en date du 16/05 relatif à la grève de la veille.

Ecoutez bien ce foutraque hallucinant de mauvaise foi et d’aveuglement, c'est un modèle du genre Gaullo-stalinien. Et combien est payée la bourgeoise pour cet éditorial directement tiré d'une plaquette de promo UMP ? A vrai dire, je n'en sais rien, cela doit se situer entre l'onéreux et l'indécent, cela dépend de son niveau de copinage mais sachez que c'est plus qu'une semaine de 35 heures standard pour un billet matinal et qu'elle en fait 6 par semaines. Oui, 2 minutes chaque matin, elle ne chôme pas la pré-retraitée.

Oui, la courtisane décrépie est débordée par le travail, elle. Dites-le vous bien feignants de chômeurs !


A voir sur la page d’Europe 1, la photo de l’engin botoxé qui fait la morale aux gueux.

UN FILM QUI N'IRA PAS A CANNES

par
Le fond de l'air est cinématographique. Passez votre chemin sur les "Il va falloir que j'y aille parce que je me suis encore fait violer par maman" et autres "Desplechineries" interminables, voici un extrait d'un film français produit avec les moyens du bord. "Volem rien foutre al pais" est un documentaire de Pierre Carles sur les alternatives possibles à l'existence salariée. Pierre Carles a également signé un "Pas vu, Pas Pris" en 1995, démonstration implacable du règne de la pleutrerie en milieu télévisé.


La Peur
envoyé par NosLibertes

BOULEVARDS DE LA MORT

par
50.000 fonctionnaires en colère défilent dans les rues de Paris. Notre monarque ne trouve à répondre à la masse aigrie qu’un « il faudra dorénavant que ses professeurs grévistes préviennent quarante-huit heures à l’avance. Ils auront obligation d’assurer un service minimum d’accueil aux enfants » qui résume bien ce que la droite pense de l’éducation publique (synonyme d’école des pauvres dans lesquelles ne se pervertiront pas leurs enfants). Pour la clique Sarkozienne, quand l'école n'est pas une menace c'est au mieux une garderie et les professeurs des fumistes en vacances permanentes dont on finira bien par avoir la peau en quelques quinquennats de droite libérale. Lire et écrire ne sert à rien en économie de compétition généralisée, il faut savoir suer au travail et surtout consommer (français si possible). Dommage : du travail il y en a peu, du pouvoir d’achat encore moins et de toutes les manières maintenant tout est fabriqué en Chine.

Notre monarque essaye donc en direct à la télévision de jouer la carte des "vrais travailleurs" contre "les feignants de fonctionnaires". Un vieux classique de la droite qui garantie ses parts de marché aux Grandes Gueules d’RMC. Je me garderais bien de prendre partie l’un ou l’autre des camps puisque à mon sens ils sont un seul et même continent dont, depuis ma croisière en solitaire, je n’aperçois que rarement les rives.

Un peu plus tôt dans la journée Christine Lagarde, ministre de l’économie et de la mythomanie sort son habituel rapport féerique sur la bonne santé financière du pays. Manipulation idéologique d'un côté, intoxication statistique de l’autre : ce gouvernement enlisé dans les conseils de "publicistes" du siècle dernier, n'a plus aucune tripe. Des arpenteurs gauchistes du pavé à certains députés de la majorité à l’étroit dans leur cénacle, ils sentent bien que le vent est mauvais pour un gouvernement qui est soit incompétent, soit présomptueux, soit terrorisé ou, plus sûrement, les trois à la fois.

15 mai 2008

08.05.08 > CONVERSATION AVEC SEB MUSSET

par
Rendez-vous devant la caméra pour un petit tour d'horizon du paysage social actuel... Sont abordés :

- la baisse inquiétante de popularité de notre monarque. Pour qui est-ce inquiétant ?

- La prédominance du salariat comme modèle unique d'intégration sociale. Où comment faire croire à l'individu qu'enseignant est un métier de merde pour parasite gauchiste responsable de tous les maux de la société et hôtesse de caisse, le début d'une carrière prometteuse pour un BAC+5 dans le merveilleux monde de la compétition individualiste.

- L'importance d'identifier les vrais révolutions à l' heure du quarantième anniversaire des émeutes de Mai 68. Ont disparus des reportages commémoratifs, les slogans "anti-consommation" qui fleurissaient alors sur les murs de France. Non, les retraités bobos et autres chroniqueurs baby-boomesques vissés à leurs sièges télévisés regrettent les lancés de pavés Boulevard St-Germain mais pas l'avènement de la société de consommation au buffet de laquelle ils se sont gavés. Tu m'étonnes.

14 mai 2008

JUSTE UNE ILLUSION

par
Vous ne pouvez pas vous rendre à Cannes pour le Festival ?* A défaut de paillettes, de coke en saladiers et d'auto-congratulation corporatiste durant dix jours de partouze continue entre gens bien nés, l'industrie du cinéma dans sa gracieuse bonté vous laisse ses belles images truquées à 9 euros 50 par tête de pipe...



Merci a Rialeb de Cognac pour son coup d'œil.

* la prochaine fois exige-le au moment de signer votre CDD à temps partiel, c'est vrai c'est trop con.

13 mai 2008

QU'EST CE QU'UN HOMME POLITIQUE ?

par
Un homme charismatique qui avant la guerre, impose la guerre.
Un homme courageux qui pendant la guerre, laisse son peuple la faire.
Un homme raisonnable qui après la guerre, décrète la paix.

Ce n’est que plus tard, lorsque l'oubli a triomphé des querelles de mortels, que d’autres comme lui font de cet homme un mythe.

12 mai 2008

PROPAGANDE DOMINICALE : EHTYLOTESTS 1 - ABDELAKIM : 0

par
Propagande gouvernementale quand tu nous tiens (pour notre bien).

Vendredi, un jeune varois de 22 ans qui a eu le tort de s'appeler Abdelakim Ajimi dans une banque est mort dans ce qui apparait être un lynchage comme on sait discrètement les faire, aux premières heures de l'été dans les casernes de policiers avinés.

Vérifié ou pas, c'est ce genre de faits-divers dont raffolent les médias lorsqu'il se passent... aux États-Unis, pays, c'est sous-entendu dans leurs commentaires, où les flics sont des racistes dégénérés.

La nouvelle de la mort plus que suspecte d'Abdelakim fait la une de tous les médias internet et est reléguée en fin des journaux télévisés, enfin... quand elle est évoquée par ceux-là.

Non, ce week-end le gouvernement et l'ami Borloo avaient décidés du plan médiatique des rédactions et ce n'est pas la mort d'un jeune, maghrébin de surcroît, qui allait remettre en cause l'opération publicitaire.

A la veille de l'
annonce d'un décret au Conseil d'État obligeant l'installation d'ethylotests dans les restaurants et les lieux publics et à défaut de débat à l'assemblée, il fallait bien préparer les esprits. Le paquet a donc été mit sur l'irresponsabilité flagrante des conducteurs en ce week-end de Pentecôte avec force sujets démonstratifs du bien fondé de la révolte du Ministre Jean-Louis Borloo sur toutes les chaines généralistes et d'information.

Et la journaliste d'I-Télé de préciser ironiquement, malgré elle ?, après un sujet de dix minutes sur le violence des accidents de voiture de ce week-end "que le fort nombre de morts sur les routes (13) est strictement le même que celui de tous les jours". Où est donc "l'information" qui méritait ces heures de reportages ? Quand on sait, que la moitié des rédactions faisaient le pont, on peut même avancer une hypothèse :
Les sujets n'étaient-ils pas déjà prêts depuis plusieurs jours ? Ne manquaient alors que quelques illustrations sanglantes des derniers accidents, statisquement prévus, à rajouter au dernier moment ? Si c'est le cas, sur ordre de qui ?

Bien sur l'ethylotest dans les bars, est une étape, après l'interdiction du tabac et avant l'interdiction de l'alcool dans les lieux publics (vous allez voir on y arrivera). L'état pense à vous et à sa tranquillité. Il s'agit pour vous citoyens-travailleurs de rester chez vous à regarder "La Nouvelle Star" et les journaux télévisés d'état et leurs sujets d'information aux quatre impératifs :

- vous culpabiliser.
- vous faire peur.
- vous divertir.
- vous faire oublier.

En attendant, l'installation improbable d'éthylotests dans les casernes de policiers du Var, je vous incite vivement à vous débarrasser de vos écrans qui ce week-end encore ont été pris en flagrant délit de léchage de botte gouvernementale, favorisant la bonne marche de l'état policier et fermant les yeux sur les lâches dérives de celui-ci.

10 mai 2008

Tsunami 2, Burma Drift, le remake des bons sentiments en 16/9 et 5.1

par
Ouragan king-size en Birmanie, l'autre pays des taudis. Des morts, beaucoup de morts. D'abord, durant cinq jours chaque "animatrice de nouvelles" d'I-télé en rajoutait dans la joie orgasmique à chaque révision à la hausse du nombre de décès. Les chaînes d’info aiment les tragédies lointaines : elles sont indolores, ne coutent pas cher en caméra puisque ce sont les autres qui filment et puis elles peuvent dire n'importe quoi : personne n'ira les contredire.

Mais maintenant, c’en est trop pour l'occident et son opinion imaginaire relayée du haut de l'état jusqu'aux bras armés de sa communication média : rendez-vous compte 100.000 morts !


- La vache c’est horrible… et y a quoi à 20h50, Les Experts Miami ou les Experts Las vegas ?

100000 morts et une junte militaire au pouvoir qui refuse toute aide internationale. Notamment celle de L’état français qui ne supporte pas que l’on repousse du pied ce besoin irrépressible qu'elle a d’aller sauver à l’autre bout de la planète des gens déjà morts quand elle fait la sourde oreille à ses propres indigents (SDF, travailleurs précaires et autres Chantal Sébire) en les pressant de mourir en silence, dans la confiance et le respect des lois du marché.

Comment ça L'état Birman refuse que La France fasse tourner les moteurs de ses beaux hélicoptères et de ses gros bateaux ! Quel scandale que ce régime inconvenant qui réitère ses "non merci" à cet occident du droit d'ingérence unilatéral ! Petits ingrats de tiers-mondistes affamés qui refusent la main tendue d'une civilisation qui pourtant fait preuve depuis deux siècles d'une dévotion sans borne, colonisant, pillant, torturant, exterminant, atomisant, exploitant, asphyxiant les plus faibles ! Victimes ingrates de Birmanie qui refusez notre humanisme infus vous méritez bien votre agonie !

5 mai 2008

STRESS

par
Dernière vidéo du groupe "Justice" réalisé par Romain Gavras. Ça envoie du bois comme on dit. Clip d'ores et déjà auto censuré sur les chaines françaises. Justice est en concert à L'olympia le 18.

M6 VOUS EN FAIT BOUFFER...

par
J’ai enfin découvert cette lamentable émission qui fait le bonheur des programmateurs de M6 puisqu’ils la balancent à toutes les sauces, toutes les heures depuis des semaines, un "dîner presque parfait". Le concept est si anémique, que vraiment je suis bluffé que non seulement l’émission cartonne mais surtout qu’elle existe ! Je n’aurais pas misé une cacahuète sur le projet : des pauvres types - là c’était à deux tiers des commerciaux mais ça marche aussi avec assistants commerciaux - s’invitent à manger les uns chez les autres et se notent en fin de repas sur des critères culinaires et de convivialité.

La cocktail-party made in M6 allie voyeurisme, cuisine, cocooning, déco, humiliation et désir d'élévation sociale, bref la batterie classique de l’hédonisme petit bourgeois formaté selon les préceptes du marché. Il n’y est bien sur jamais question d’argent. On suit nos commerciaux faire les courses mais jamais ils ne payent leurs produits. Intermède publicitaire : douze spots, onze sont consacrés à l’alimentaire. Comment reconnaît-on un spot alimentaire ? C’est marqué : mangerbouger.fr en bas. Qu’il est con cet occidental ! Même au milieu d’une émission sur la bouffe, il faut encore lui rappeler qu’il lui faut manger s’il veut continuer à bouger !

Bref, on change son fusil d’épaule à M6. Après la bulle financière, la bulle d’internet, la bulle immobilière - chacune de ces bulles fut l’objet d’une programmation appuyée de la chaîne à travers une déclinaison bipolaire : information et divertissement -, c’est autour de la bulle alimentaire que les programmes vont tourner. C’est que la crise de l’immobilier n’est plus une rumeur. M6 a le nez pour ces choses là. Fini les « Cherche appartement ou maison » sponsorisés par la FNAIM et autres « Capital » avec ses publi-reportages sur « l’importance d’être propriétaire » diffusés entre deux spots pour Century 21. Maintenant que tout le monde est propriétaire jusqu’au cou, place à la Grande Bouffe version endemol, le pain et les jeux dans la même émission : parfait pour endormir une nation.

Et puis sur la base prochaine d’une baguette à un euro cinquante, Manger une sardine au coulis de fraise dans une assiette "dizaïenneuh", c’est le nouveau bling-bling au rabais. Ca fait riche. Et concevoir un plat à la con comme ça, ça occupe ta journée de pauvre ! La classe moyenne s’offre la frime qu’elle peut. Même si elle finit SDF, faudra encore qu’elle se la joue seigneur du domaine et que ses sacs poubelles soient griffés Propsac !

Dans cette avalanche calorique, il n’y aura bien que « Déco and co » pour subsister dans la grille d’M6, en guise de soutien social. Juste histoire d’aider les primos-accédants, sans plus d’imagination que de jugeote, à régulièrement renouveler durant les trente prochaines années de mensualités qu’il leur reste à régler, l’intérieur de leurs pavillons merdeux qu’ils ont acheté au triple du prix quand M6 leur a dit.

Comme dirait une copine anorexique* qui a le sens de la conclusion : « ça me fait gerber »

* je ne peux citer son nom, je tomberai bientôt sous le coup de la loi pour incitation au délit d’anorexie.

3 mai 2008

ICI PARIS

par
Mieux que la grenouille de feu Albert Simon, il y a des sons qui ne trompent pas. Ainsi, l’écho long des sirènes des camionnettes de pompiers sillonnant la capitale à la recherche des premiers vieux cannés informera le parisien sensible que l’été s’invite au nord de La Seine.

A quoi reconnaît-on qu’une ville est socialement morte ? A ce saisissant contraste entre le taux d’émanation de gaz carbonique
relâché en fin de journée par les petites boites à crédit jouant au touche pare-chocs sur les grands boulevards et dans lesquels se propulsent à la vitesse du cloporte amputé des salariés en sueurs jusqu’à ces anonymes banlieues que Monsieur Nexity leur a idéalisé, et, l’assourdissant silence des mêmes grands axes passés 21 heures.

Une demi-heure aprés, quelque soit le quartier, du seizième bourgeois au dix-huitième censé être moins bourgeois, peu de voitures, encore moins de piétons et des rangées d’immeubles sans une seule lumière sur les façades qui contredisent tous les chiffres sur la soi-disant pénurie de logements dans la Capitale.

Où sont les Parisiens ? Y en a t-il encore ?

Je me balade dans mon quartier, je n’entends que parler Anglais, Espagnol ou, depuis peu portugais, enfin… brésilien. Reste quelques esclaves fauchés en chambres de bonne qui ont à peine le budget pour manger, alors sortir. De toutes les façons, on leur a interdit de fumer dans les troquets. Heureusement, il leur reste la carte UGC, le sésame culturel, qui leur permet d’aller se taper chaque soir quarante cinq minutes de pub sur grand écran suivi de bouses qu’ils ne regarderaient même pas si elles passaient à la télé.

Des couples, des familles à Paris ? Il en reste, quelques réminiscences bourgeoises, du fils de rentier et de la fin de race en pagaille. Autour de son noyau friqué qui crache son opulence aux cercles VIP des boîtes garanties sans pauvres, Paris tourne mal et s’ensuque dans la gériatrie mentale.

FAITES LE PONT... A VIE

par
"Ce que nous avons devant nous, c'est la perspective d'une société de travailleurs sans travail, c'est à dire privés de la seule activité qui leur reste. On ne peut rien imaginer de pire."
Hannah Arendt

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